VOITURE

La Peugeot L 76 la voiture des Charlatans championne d'Indianapolis en 1916.

Pour contrer les succès de Renault en compétition entre 1903 et 1908, Robert Peugeot fait étudier à Ernest Henry et l'équipe des Charlatans une voiture de compétition en formule libre. La Peugeot L 76 est le premier véhicule au monde doté d'un double arbre à cames en tête à quatre soupapes en tête par cylindre et culasse hémisphérique. Cette voiture remporte de nombreuses courses du Grand Prix d'Indianapolis au Grand Prix de France de 1910 à 1916, grâce à sa légèreté et sa faible consommation.

 

Les deux célèbres pilotes Peugeot ; Jules Goux et Georges Boilot sont opposés aux moteurs à course longue. Ils persuadent Robert Peugeot d’étudier et de construire une voiture de course « moderne » de cylindrée moyenne face aux monstres de 12 et 15 litres.

 

Les ingénieurs de la maison sont sceptiques et dédaigneux à l’encontre des pilotes-concepteurs et les appellent les « charlatans ».

Soucieux de ne pas froisser ses ingénieurs, Robert Peugeot héberge les charlatans dans les anciens ateliers Rossel Aviation à Suresnes, dans la banlieue ouest de Paris, très loin de la maison mère.

Le groupe est rejoint par deux transfuges de chez Hispano-Suiza, Paul Zuccarelli qui persuade Louis Pilleverdier d’accepter le poste de responsable de l’équipe Peugeot.

 

Conçue de façon collégiale la Peugeot L 76 est dessinée par le talentueux Suisse Ernest Henry.

Le fruit de leurs cogitations est révolutionnaire et inédit, la Peugeot L 76 fera école : quatre cylindres 110 x 220, 7 598 cm3, double arbre à cames en tête, chambres de combustion hémisphériques, quatre soupapes à commande desmodromiques par cylindres.

C’est le premier moteur au monde doté d'un double arbre à cames en tête, le vilebrequin est porté par des roulements à billes

 

Le moteur a donné jusqu’à 182 ch, mais les bougies de l’époque ne résistent pas, la puissance est ramenée à 148 ch à 2200 tours.

 

La Peugeot L 76 fait une entrée fracassante en compétition le 25 et 26 juin 1912, au GP de l’ACF à Dieppe, Georges Boilot se classe premier, idem le 11 août à la course du Mont-Ventoux et aussi à Boulogne sur Mer.

En mars 1913, à Brooklands en Grande-Bretagne, une L 76 à carrosserie profilée en deux places, pilotée alternativement par Boilllot et Goux bat plusieurs records : le demi-mile lancé, le record de l’heure à 170,588 km/h, les 50 miles départ arrêté, 100 miles départ arrêté, 150 miles départ arrêté.

 

Les vitesses atteintes se situent entre 170 et 177 km/h.

 

Le 30 mai 1913, Jules Goux remporte le GP d’Amérique à Indianapolis.

 

Le règlement des courses oblige Peugeot à concevoir des voitures dérivées avec des moteurs de 5.7 et 4.5 litres.

En 1916, les organisateurs des 500 Miles demandent à la firme Premier de réaliser des copies du moteur Peugeot pour relancer ces compétitions.

 

L'importateur Peugeot pour les États-Unis Alphonse Kaufman fournit en véhicules de nombreux de pilotes US, en sachant que le rapatriement des exemplaires importés est rendu impossible en Europe par le conflit de la Première Guerre mondiale.

 

Ce moteur révolutionnaire inspire bien plus tard d’autres constructeurs tels Sunbeam, Jaguar, Alfa Roméo, Maserati et Millet-Offenhauser qui domine les 500 Miles d’Indianapolis jusqu'à la fin des années soixante-dix.

COMMENTAIRES

1 commentaire
  • le 24/08/2016, posté par Allan Wagos

    Effectivement, à l'époque on fabriquait des voitures au performances étonnantes, Mors ou Renault en 1903 au cours de la Course Paris-Madrid  on abattu un Paris-Bordeaux en 5 heures ,,, sur des routes en terre battue et en pavés, 145 km/h sur ces parcours avec traversées de villes et villages !!!

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