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HISTOIRE

PROCES CITROEN-OPEL.

La 5 HP et son étrange cousine germaine. La ''Petite Citron'' très apprécié du grand public connaît un réel succès, cette gloire inspire Opel avec sa " Laubtrosch ", toujours peinte en vert pour faire la différence ! Citroën saisit la justice pour contrefaçon.

La 5 HP et son étrange cousine germaine.

Au Salon de Paris en octobre 1921, Citroën présente la 5 HP Type C, une petite auto, à deux places, dessinée par Edmond Moyet ; une conception simple et robuste garantit à ses utilisateurs une fiabilité reconnue.

Les ailes sont  ‘émaillées noir au four’ et la caisse est jaune vif : le jeu de mots avec la marque est facile, elle devient la ‘’Petite Citron’’ appellation courante auprès des titis parisiens et des chansonniers.

La ‘’Citron’’ marque le début d'une nouvelle époque, où l'automobile n’est plus exclusivement réservée à la couche aisée de la société.

Véritable voiture populaire, de 1922 à 1926, 80 250 exemplaires sortent des ateliers ; lors du lancement, les premiers type C sont fabriqués sur les chaînes de Javel, le très bon volume des ventes entraîne le déménagement de la production à Levallois dans les anciennes usines Clément-Bayard, la 5 HP, avec la Type A dite 10 HP sont les premières voitures européennes construites en grande série.

Seuls les chefs-d’œuvre font l’objet de copies, en 1924, la 5 HP française est carrément plagiée par Opel avec la 4/12 PS vite surnommée «Laubtrosch»(Grenouille) à cause de sa peinture verte.

Véritable clone, l’Opel 4/12 PS, se distingue de sont modèle par sa direction à droite, sa portière à gauche, son radiateur un peu moins arrondi et sa peinture.. ! A ces détails près la copie est fidèle, puisque l’Opel reprend même la suspension caractéristique de la Citroën.

La ressemblance, visuelle et technique, est tellement évidente que Citroën n'hésite pas à saisir la Justice. Certains détails, qui sont des erreurs de construction sur la 5 HP, se retrouvent tels quels sur l'étrange cousine germaine.

A la même période, Citroën compte installer une usine de montage à Cologne.

C'est à Berlin, et dans le contexte très particulier des années qui suivent la Première Guerre mondiale que l'affaire est jugée, le 14 mai 1926.

Les juges, en première instance, établissent que la 5 HP ne bénéficie pas de la protection des modèles déposés et qu'elle tombe par conséquent dans le domaine public.

Puis ils démontrent, en trois points, que l'action d'Opel ne peut pas être considérée comme malhonnête, car:

1 L'imitation n'a pas été réalisée dans le but de tromper le public (l'écusson Opel est bien visible sur la « Laubfrosch ».

2. Opel n'a pas cherché à profiter de la bonne réputation de Citroën ; la marque allemande est déjà ancienne alors que la marque française est encore peu connue en Allemagne.

3. Le prix de vente de la 4/12 PS n'est pas inférieur à celui de la 5 HP.

Citroën est débouté et le tribunal juge même inutile de déterminer si la «Laubfrosch» est une copie ou non de la Citroën.

Les avocats français, bien sûr, font appel, mais, en juin 1927, la cour d'appel de Berlin confirme le premier jugement et pousse le zèle jusqu'à démontrer, point par point (nombre d'ouïes sur le capot, système de graissage, fixations du pare- brise, par exemple), que l'Opel n'est nullement une copie de la Citroën!

Opel perfectionne son modèle jusqu’en 1931, en produisant près de 120 000 exemplaires.

 

Juste retour des choses, Louis Renault lors de sa visite au salon de Berlin en 1935 est très intéressé par une petite voiture présentée par Opel. Quelques années plus tard, en 1938, Renault s’inspire pour sa Juvaquatre de l’architecture et la ligne de la première Opel Olympia type OL 38 … !

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