VOITURE

CITROEN SM - Sa Majesté ...Reine de la route.

La SM coupé grand tourisme innovant issue des accords Citroën - Maserati de 1968, à la fois luxueuse et sportive, des performances de GT, elle entre dans le club des plus de 200 Km/h. Elle bénéficie de toute l'expérience de la DS en matière de traction avant, mais aussi d'hydraulique et de suspension. Elle est équipée d?un moteur Maserati à six cylindres en V, d?une boîte de vitesses cinq rapports et de la direction à assistance hydraulique variable à rappel asservi (Diravi). Ses qualités dynamiques séduisent une clientèle de connaisseurs en France, en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Elle est incontestablement l'une des plus grandes réussites de l'industrie automobile Française ; éliminée par les fragilités d'une voiture complexe et pas toujours bien perçue par le réseau Citroën, les limitations de vitesse et en final peut-être la crise pétrolière... !

La Citroën SM est présentée comme une réelle Grand-Tourisme à la française au Salon de Genève en mars 1970 puis au Salon de Paris en octobre de la même année.

La SM est le projet ‘’S’’ qui est en fait une DS Coupé GT, et M comme Maserati.

C’est un des modèles les plus prestigieux de l’histoire de l’automobile, elle reste une référence.

Résultat de la collaboration de Citroën et de Maserati (pour le moteur), cette traction avant instaure une nouvelle notion du « grand tourisme » et offre une grande vitesse toute en sécurité à la portée des utilisateurs de voitures de série.

Son maître d’œuvre est Jacques Né associé à Robert Opron responsable du centre de style de Vélizy.

C’est un gros coupé 2 2 à quatre places, le moteur est issus du rachat la marque Maserati à la fin des années 60.

Giulio Alfieri, l'ingénieur en chef de Maserati étudie un V6 compact plus approprié à la voiture pour des raisons fiscales. C'est ainsi que naît le V6 Maserati, sous la pression exercée par Citroën. Considéré comme une simple amputation du V8 de la Maserati Indy, ce qui explique l’angle particulier du V6 à 90°, ce moteur est dérivé d'un projet de V8 que G. Alfieri avait abandonné.

La SM est animée de 1970 à 1972 par un moteur V6 à 90° de 2 670 cm³ de cylindrée à trois carburateurs double corps Weber à deux arbres à cames en tête par rangée de cylindres et d'une puissance de 170 ch DIN (au régime très raisonnable de 5 500 tr/min). Le couple est de 23,5 mkg à 4 000 tr/min.

En 1973 et jusqu'à la fin de la production, pour satisfaire  aux nouvelles normes anti-pollution, le moteur est équipé de l'injection électronique Bosch D-Jetronic qui fait passer la puissance à 178 ch DIN à 5 500 tr/min (couple 23,7 mkg à 4 000 tr/min) tout en améliorant la souplesse.

En 1974, une version à boîte automatique Borg Wagner à 3 rapports est possible en option, elle dispose pour compenser la perte de puissance due au convertisseur d'un moteur à trois carburateurs double corps dont la cylindrée est portée à 2 965 cm³ développant 180 ch DIN à 5 720 tr/min (25 mkg de couple à 4 000 tr/min). Il est équipé d'un pot d'échappement à oxydation pour répondre aux normes anti-pollution.

La Citroën SM hérite des connaissances de Citroën, bien testée sur la DS, le système hydraulique, la suspension, et le correcteur d’assiette, pour la garde au sol, lui assure un confort certain.

Le travail de style effectué par l’équipe de Robert Opron est un exercice d’aérodynamisme, le résultat est remarquable. Le Cx S (produit du taux de pénétration dans l’air par la surface frontale) est meilleur de 25% par rapport à la DS, elle-même une référence, pour parvenir au chiffre de 0,46.

La SM est une vraie Citroën. Sa ligne tout d'abord, inspire vitesse et puissance. Avec des voies arrière moins larges que l'avant, cela donne une silhouette qui se rétrécie vers l'arrière, forme propice à l'aérodynamique.

La rampe optique de la face avant d’un style très particulier est un élément majeur de la voiture directement inspiré par le vent, les phares abrités derrière des panneaux de verre trempé courent sur toute la largeur, supprimant ainsi la calandre. Avec ses six phares à iode à correction dynamique automatique, la SM allie le confort des phares à commandes directionnelles à un esthétisme novateur. Les optiques possèdent également un correcteur d’assiette automatique. La hauteur des projecteurs se règle en effet en continu en fonction du débattement de la suspension arrière de façon à avoir un faisceau lumineux toujours parallèle à la route.

La caisse de la SM en acier est autoporteuse et le capot est en aluminium pour réduire le poids, elle offre une large surface vitrée conséquente. La SM est une 2 2 à quatre places, celles de l’arrière sont plus mesurées, mais encore utilisables et confortable pour deux adultes, facile d’accès. Le coffre est mini d’un hayon, les sièges arrière sont fixes.

Une autre innovation, la SM est la première voiture avec pare-brise collé. 

A l’avant, le conducteur a droit à des sièges ergonomiques qu’il peut régler aisément selon sa morphologie. La planche de bord au dessin admirablement épuré et futuriste présente des cadrans et un volant ovoïdes très esthétiques. Le volant comme sur de nombreuses Citroën est monobranche et autres innovations, réglage en hauteur et en profondeur.

 

La direction assistée à rappel asservi remet automatiquement les roues vers la position de ligne droite, même à l’arrêt. (DIRAVI) La force de rappel en ligne droite est asservie à la vitesse et donne l'impression pour les petits angles de braquage que l'assistance diminue. Cette force de rappel permet également de conserver un rappel normal, même sur sol à très faible adhérence. La direction de la SM est très directe : deux tours de volant de butée à butée. Ceci permet de la contrôler sur route avec des gestes de faible amplitude. L'assistance compense la faible démultiplication.

Ce dispositif, imaginé par l’ingénieur Paul Magès, comme de la suspension oléopneumatique.

Cette suspension hydraulique de la Citroën SM, est une synthèse exceptionnelle entre confort et comportement routier, lui donnant une tenue de cap incomparable et une insensibilité aux mauvaises conditions météo en faisaient de la SM la reine de la route.

En plus de la direction et de la suspension, le système hydraulique gère aussi l’assistance des freins,  l'embrayage et la boîte de vitesses semi-automatique.

Trois points garantissent l’excellente tenue de route ; elle est assurée par une répartition des masses et à une innovante géométrie exclusive des suspensions : axe de roulis au niveau du sol et déport nul des roues avant.

a)    Le moteur en position longitudinale central avant est positionné côté habitacle, la boîte de vitesses étant côté pare-chocs.

b)    L’alignement des pivots inférieurs et supérieurs de moyeux croise le milieu du centre de l'aire d'appui du pneu avec le sol.

c)     Le déport nul rend la direction pratiquement insensible aux inégalités de la route ou par exemple à une crevaison.

 

Autres particularités, les poids non suspendus sont diminués grâce aux freins montés en sortie de boîte de vitesses et de l’option des jantes Michelin RR en résine suivant un brevet acheté à la NASA (jantes légères mises au point pour la Jeep lunaire) qui pèsent chacune 4,2 kg au lieu des 9,4 kg des jantes en tôle. 

 

La carrosserie était fabriquée par la Société Anonyme des Usines Chausson à Gennevilliers. L'assemblage final est assuré dans les ateliers Citroën du quai de Javel à Paris, puis à la fin par les usines Ligier près de Vichy dans l’Allier ou sont fabriqué les Ligier JS 2 à moteur SM). 

 

Production :

1970 : 868

1971 : 5032

1972 : 3992

1973 : 2619

1974 : 294

1975 : 115 soit un ensemble de 12 920 exemplaires.

La Citroën SM une voiture exceptionnelle et séduisante mal perçue par le réseau n’a pas eu la carrière qu’elle méritait.Boudée par les acheteurs, seulement 5509 vendues en France, 2070 en Italie, 2037 aux USA,  971 en Allemagne, 396 au Canada, 327 en Grande-Bretagne, 134 au Japon et 1476 pour les autres pays.

 

Quelques garages ont su comprendre et améliorer cette magnifique voiture, entre autres Georges Regembeau surnommé « le sorcier », mécanicien de génie et grand spécialiste de la SM, son fils à repris le flambeau.

Quelques exemplaires furent carrossés par le célèbre carrossier Henri Chapron de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine. Sous trois modèles :

La SM Mylord : cabriolet sans arceau avec une capote en toile. Présentée au Salon de Paris 1971, produite 6 exemplaires.

La SM Opéra : berline tricorps à 4 portes sur un empattement rallongé de 29 cm. Présentée au Salon de Paris 1972, produite à 8 exemplaires. 

La SM présidentielle : découvrable basée sur la SM Opéra au porte-à-faux arrière rallongé et longueur portée à 5m60, produite à 2 exemplaires.

Le carrossier Pierre Tissier grand spécialiste des Citroën rallongées,

a transformé une SM équipée d'un plateau porte-voiture à cinq essieux, dont quatre à l'arrière.

 

La Citroën SM n’a jamais été remplacée dans la gamme de son constructeur.

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